Je ne sais pas ce qui s’est passé…
Dans mes rêves je revois cette dernière course à Sebring. L’odeur
de la gomme déposée allègrement sur le bitume sous le soleil
caniculaire de Floride se mélange aux cris de mon mécano dans mon
casque. Peut-être est-ce cette chaleur qui lui est tapée sur le
crâne. Ou peut-être est-ce moi qui ai été victime d’une de ces
crises d’adrénaline incontrôlables ? Et puis il y avait ce
type dans l’autre voiture face à moi dans l’un des derniers
virages. Ce Michel, vaillant pilote de l’écurie verte, acclamé
par la foule et devenu favori par son flegme dans toutes les
situations. Si seulement mon mécano en avait autant… Je me
rappelle encore avoir entendu « mets la 6 », mais
peut-être au fond, essayait-il de me dire « non ça glisse ».
Mais le flegme ne te fait pas entrer dans la légende, il permet
seulement d’attiser ponctuellement le brasier de la foule en
liesse ; aussitôt acclamé, aussitôt oublié. Seuls les vrais
pilotes qui avancent tapis dans l’ombre savent se dévoiler lors
d’un coup de théâtre magistral. Mais pour l’heure, il me faut
un nouveau sponsor…
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